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jeudi 21 avril 2022

Russie/Pologne : La Russie veut détruire le cimetière et le mémorial de Katyń

Cette information a été révélée, par le journal polonais Tadeusz Giczan qui a publié, le 15 avril 2022, une vidéo montrant des engins de chantier et des excavatrices avec la lettre "Z" peinte ( signe pro Poutine) en route vers la nécropole.

«Les autorités de Smoleńsk et des militants locaux ont livré du matériel de chantier au cimetière de guerre polonais de Katyń et ont menacé de le détruire », a écrit Giczan sur Twitter.

Les actions des Russes doivent être une réponse à la « démolition des monuments soviétiques en Pologne» rapporte un journaliste biélorusse. 

Pour le professeur, historien et essayiste David Engels qui a publié une tribune le 20 avril 2022 pour le journal allemand Tichys Einblick, il s'agit ici d'une : «légitimation du stalinisme par Poutine»

Comme le rappelle le portail d'information polonais Interia :

« 4 421 officiers de l'armée polonaise, assassinés par le service soviétique du NKVD en 1940, sont enterrés au cimetière de guerre polonais de Katyń. La plupart de ces soldats ont été faits prisonniers après l'invasion germano-soviétique de la Pologne de septembre 1939.

La nécropole a été érigée en 2000 à l'initiative de la Fédération des familles de Katyń - une organisation non gouvernementale polonaise, qui vise à commémorer les soldats victimes du massacre de Katyń.

Près du cimetière se trouve l'aéroport de Smoleńsk-Severny, où le 10 avril 2010, un avion du gouvernement polonais avec le président Lech Kaczyński à bord s'est écrasé. 96 membres de la délégation polonaise qui se sont rendus en Russie pour célébrer le 70e anniversaire du massacre de Katyń ont été tués.»

Suite à l'invasion Russe en Ukraine le cimetière des victimes du totalitarisme à Kharkiv-Pyatichatki ( également érigé en 2000), a été en partie détruit par le bombardements russes. 

Ce cimetière est le lieu de sépulture des victimes de la purge stalinienne de 1937-1938, ainsi que des officiers de l'armée polonaise abattus lors du massacre de Katyń en 1940.

Après l'adoption de lois qui interdisent de faire référence au pacte germano-soviétique et au rôle de la Russie dans l'invasion de la Pologne en septembre 1939 la Russie et Vladimir Poutine font un pas de plus vers la réhabilitation et l'héroïsation de Staline, un des pires dictateurs de l'histoire.


Florian Marek.


Tadeusz Giczan/Tichys Einblick/PAP/David Engels/Interia

mardi 12 avril 2022

Ukraine/Russie : le constat amer des eurodéputés polonais.

Le 7 avril 2022, le magasine politique polonais wPolityce publie deux entretiens avec, les eurodéputés polonais Witold Waszczykowski ancien directeur de cabinet du ministère des affaires étrangères polonais et Ryszard Legutko philosophe, universitaire et ancien ministre de l'Éducation nationale de Pologne, qui ont dressé un constat amer sur la situation en Ukraine et plus largement en Europe.

Tout d'abord, le parlementaire européen Witold Waszczykowski déplore le manque de courage des institutions et des gouvernements européens concernant la résolution prise contre la Russie. 

"Il s'agit d'une résolution de nature politique, elle n'engage pas juridiquement la Commission européenne ni les gouvernements, c'est simplement un appel, et c'est pourquoi elle a été adoptée par une telle majorité de députés européens, également allemands, qui veulent avoir un alibi pour ce qui se passe en Ukraine " - a-t-il déclaré. 

Il y dénonce également l'hypocrisie des allemands qui " ne veulent pas rompre avec les Russes. Ils accusent Poutine et son entourage immédiat de la guerre en Ukraine, mais disent qu'ils doivent être prêts à tendre la main aux Russes et à reconstruire ces liens une fois le conflit terminé. Ils vivent encore dans cette conception politique, qui s'est créée sous Bismarck, ils pensent gérer en commun au moins notre partie de l'Europe et ne veulent pas rompre avec la Russie. Ils expliqueront que les crimes en Ukraine ont été perpétrés par des dégénérés et que tout l'État russe, toute la nation russe, ne peut être accusé pour cela."

Le député européen, Ryszard Legutko dénonce l'hypocrisie de l'Union européenne qui laisse la Pologne seule face au flot de réfugiés et refuse finalement de lui verser les fonds du plan de relance.

Concernant la position actuelle des états d'Europe occidentale, qui font dans la demi mesure, Ryszard Legutko pose un diagnostic plus que pessimiste. 

 "Lorsque nous examinons les réactions européennes dans le passé, cela s'est généralement produit ainsi. L'ouest de l'Europe n'est pas intéressé par combattre la Russie, mais elle veut plutôt la paix et la stabilité. On pense aussi qu'en Europe de l'Est les Russes doivent se sentir en sécurité, c'est leur sphère d'influence, etc. L'Europe de l'Ouest n'est pas notre alliée pour arrêter l'impérialisme russe. Parfois, cela se produit pendant une courte période, puis cela change. Pour les habitants de l'Europe occidentale, la Russie est quelque chose de permanent, tandis que l'Ukraine, et même les États baltes, sont un élément en mutation. J'ai moi-même entendu des journalistes occidentaux dire : "regardez la carte, ça montre que ça doit être une zone d'influence russe". Si nous pensons ainsi, il s'avérera soudain que la Pologne doit également être une zone d'influence russe. L'Ukraine, bien sûr, n'est pas membre de l'OTAN, mais si nous perdons la guerre pour l'Ukraine, la probabilité qu'en cas d'agression de la Russie contre les États baltes, l'OTAN agirait en solidarité en vertu de l'art. 5 semble de moins en moins sûre. Si les pays européens laissaient tomber l'Ukraine maintenant, alors à l'avenir, il y aurait des prétextes pour ne pas soutenir les pays de l'OTAN, s'il devait y avoir une agression contre ces pays, que Dieu nous en préserve." a déclaré le philosophe. 


Florian Marek.


wPolityce


vendredi 8 avril 2022

Pologne/France : Varsovie convoque l'ambassadeur de France

Suite aux propos du 7 avril du Président de la République Emmanuel Macron, assimilant le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, a un "antisémite d'extrême droite, qui interdit les LGBT" le ministre des affaires étrangères polonais Zbigniew Rau, a convoqué l'ambassadeur de France en Pologne. 

Le président Emmanuel Macron a également mis en avant la proximité du Premier ministre polonais avec Marine Le Pen, l'accusant ainsi de s'immiscer dans la campagne présidentielle française. 

Ses propos, font suite à ceux du Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki déplorant l'inefficacité du président Français dans les négociations avec Vladimir Poutine 

"Monsieur le président Macron, combien de fois avez-vous négocié avec Poutine, qu’avez-vous obtenu ? On ne débat pas, on ne négocie pas avec les criminels, les criminels doivent être combattus" avait déclaré le Premier ministre polonais. 

Dans son discours Mateusz Morawiecki a dénoncé les faux semblants et les atermoiements des dirigeants européens. "Personne n’a négocié avec Hitler. Est-ce que vous négocieriez avec Hitler, avec Staline, avec Pol Pot" avait observé le chef du gouvernement polonais.

La porte parole du gouvernement et le premier ministre polonais estiment que les propos d'Emmanuel Macron sont "incompréhensibles" et les mettent sur le compte du stress électoral. Pour filer la métaphore footballistique, c'est un "joli tacle à la gorge" que lance le porte parole du Premier ministre. 

Enfin, voici un portrait du Premier ministre polonais qui devrait forcer le le respect, l'humilité et non l'arrogance d'un homme, qui a été bercé par Récréa 2 et dont le seul fait d'arme a été, un dépucelage par sa professeure de français alors qu'il était mineur.

Le Premier Ministre Mateusz Morawiecki, est le fils d'un des fondateurs de Solidarność, Kornel Morawiecki. Kornel Morawiecki fondera le parti Solidarność Walcąca (Solidarité Combattante). Kornel Morawiecki sera plusieurs fois arrêté et condamné par la SB (KGB polonais), il sera un proche des frères Kaczyński fondateurs de Solidarność et avocats du syndicat. Mateusz Morawiecki a, dans sa jeunesse, pris part aux manifestations de Solidarność, il sera le plus jeune adhérent du syndicat Solidarność. 

Florian Marek.


PAP/Europe1/ TVP info. 







lundi 4 avril 2022

Ukraine : Massacre de Boutcha la Pologne demande une enquête internationale

Après Kharkiv, Marioupol et Irpin, c'est la ville de Boutcha, qui devient le théâtre d'un nouveau crime de guerre commis par les forces armées russes qui ont envahi l'Ukraine.

En effet, suite au départ des troupes russes de la ville de Boutcha les troupes ukrainiennes et les journalistes ont découvert un véritable charnier. 

Des centaines de civils ukrainiens massacrés, laissé mort a même le bitume. 

Des images d'horreur, qui ont fait le tour de la planète ce week-end nous montre les atrocités commises par les militaires russes. 

Devant la cruauté envers les civils le Président polonais Andrzej Duda a déclaré:

" Les criminels doivent être appelés criminels, traduits en justice et condamnés. Les photos de Boutcha réfutent la croyance selon laquelle nous devons rechercher un compromis à tout prix. En fait, les défenseurs de l'Ukraine ont besoin de trois choses avant tout : des armes, des armes et encore des armes." 

Et le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a affirmé que " les massacres sanglants commis par les soldats russes méritent d'être appelés par leurs noms : c'est un génocide et ce crime doit être jugé comme le crime de génocide ... que même ceux qui se taisent, ne parlent pas, sont coresponsables. Nous devons parler haut et fort de ces crimes ensemble." 

Face à la désinformation russe concernant Boutcha circulant sur les réseaux sociaux. 

Est-il nécessaire de rappeler que, jusqu'à l'ouverture des archives soviétiques les kgébistes qui dirigent la Russie aujourd'hui ont fait croire au monde entier que le massacre de Katyń était imputable aux allemands et qu'ils n'y étaient pour rien? 

Ce lundi 4 avril 2022, le gouvernement de Varsovie demande, l'ouverture d'une enquête internationale concernant les crimes odieux perpétrés par Moscou en Ukraine. 

Florian Marek.


PAP/Prezydent. pl/TVP info/






dimanche 27 mars 2022

Pologne/OTAN : La Pologne est prête à se défendre affirme le Président polonais Andrzej Duda

Le ton grave que le Président polonais Andrzej Duda, a donné à son allocution face aux journalistes après le sommet de l'OTAN du 24 mars 2022, ne laisse aucune place au doute.

La Pologne est bel et bien prête à protéger son intégrité territoriale et a protéger ses ressortissants.

Le Président polonais prévient que "la Pologne veut vivre en paix et normalement, nous ne voulons attaquer personne. Cependant, nous devons être prêts en cas d' éventuelle attaque. Dans ce cas nous défendrons notre patrie, et nous avons assez de place pour enterrer nos ennemis."

Ces propos, rapportés par la correspondante de TVP ( groupe télévisuel public polonais) Dominika Cosic témoignent de la détermination polonaise. 

La détermination polonaise ne faiblit pas. 

En effet, après l'achat massif d'armes tel que les chars Abrams et les avions F35, se sont les jeunes polonais qui partent grossir les rangs de l'armée polonaise, les queues devant les centres de recrutement ne désemplissent pas, comme le rapporte le portail d'actualité Visegrad 24. 

Outre, la détermination de nation polonaise, les Polonais ont lancé un mouvement de boycott des entreprises continuant à commercer avec la Russie et à participer au financement de ce conflit.

Leroy Merlin a été rebaptisé pour la circonstance : "Leroy Putin".  

Lors de ce sommet, le Président lituanien Gitanas Nauseda au micro de TVP rappelle que "personne n'est en sécurité maintenant. Personne, non seulement la Pologne, la Lituanie, d'autres États baltes, mais aussi d'autres pays de l'alliance. Nous devons arrêter la Russie".

Espérons que, la visite du Président américain Joe Biden à Rzeszów près de la frontière polono-ukrainienne soit l'occasion pour renforcer les liens entre les flans occidental et oriental de l'alliance transatlantique et que l'on puisse désamorcer les tensions entre la Russie et l'Ukraine. 

Florian Marek.


TVP/OTAN/PAP/Dominika Cosic




  

samedi 26 mars 2022

Point de vue : De la russophobie comme arme de guerre ou la lâcheté érigée en art

Voici deux semaines que le conflit en Ukraine mobilise largement les médias, à juste titre, d’autant qu’on peut difficilement regretter la monomanie covid de ces derniers mois ou encore la mise sous silence d’une campagne présidentielle aussi intéressante qu’un téléfilm sentimental des années 80 diffusé en deuxième partie de soirée sur une chaîne du service public. Un conflit majeur en Europe dont les répercussions sont déjà mondiales, et qui ne peut que consterner tant les raisons qui l’ont motivé ou prétendument motivé relèvent du ridicule.

Les conséquences sont déjà terribles, et surtout pour ceux qui, finalement, ne sont pour rien dans ce marasme géopolitique. Les populations, et au sein de ces populations, les plus pauvres, vont pâtir le plus directement des conséquences de la guerre alors qu’elles ne sont finalement que des fétus de paille ballottés sur des flots agités, n’ayant aucune responsabilité dans la tempête. Parmi ces populations, j’aimerais m’arrêter particulièrement dans cette tribune sur celle de Russie et de la diaspora russe. Les guerres sont toujours révélatrices des comportements humains les plus héroïques comme les plus abjects, et depuis le début de ce conflit, ce qui apparaît manifeste, c’est l’émergence, pour ne pas dire la résurgence, d’une russophobie malsaine qui frappe les Russes dans le monde et surtout en Europe. Cette russophobie se manifeste sous des formes qui sont tour à tour consternantes, bouffonnes ou carrément folles. Dans le florilège de ces mesures russophobes, on a l’exclusion des concours félins des chats ayant un pédigrée russe, l’exclusion du concours du plus bel arbre européen d’un arbre situé en Russie, l’exclusion d’un chef d’orchestre russe qui pressé par son équipe de condamner la guerre en Ukraine a refusé de se prononcer (comme si c’était son rôle, et comme s’il n’avait pas de famille en Russie). On peut ajouter le boycott de Dostoïevski dans une université milanaise, ou encore, au Québec, des restaurants qui débaptisent la poutine, plat traditionnel dans cette contrée outre-Atlantique. Ce n’est là qu’un petit florilège, mais florilège explicite, de la russophobie qui s’exprime de par chez nous, russophobie qui vire à l’absurde lorsque les ballets de Saint-Pétersbourg, composés de danseurs ukrainiens et russes, voient leurs représentations largement boycottées par les Français alors que ces danseurs font l’effort de se produire ensemble pour montrer que les peuples ne sont pas comme leurs chefs.

Il ne fait pas bon être Russe ou arborer quoi que ce soit de russe en ce moment, car on risque l’insulte, la mise au ban, voire pire. En somme, le Russe est notre ennemi, il porte sur lui toute la responsabilité de la guerre en Ukraine, marteau dans la main et faucille entre les dents, il est chez nous en petite main agissante du Kremlin. Et gare à celui qui irait au bistrot ou qui crierait hourra, quelqu’un pourrait bien savoir que ces mots sont d’origine russe et qu’ils sont plus que suspects. Cette russophobie est évidemment l’expression de l’ignorance crasse, de la bêtise abyssale et peut-être de la perversité d’une partie non négligeable de la population occidentale. Très franchement, en quoi le restaurant Samovar du coin de la rue, Youlia prof de russe et le père Sergueï, prêtre orthodoxe, ont une responsabilité dans le conflit ukrainien ?

À l’évidence, il y a énormément de bêtise dans cette manière de « chasser le Russe », une sorte de bêtise congénitale qui traverse l’humanité depuis des millénaires, et qu’on croyait un peu disparue dans nos sociétés pleines de bacheliers avec mention. Force est de constater qu’elle n’était qu’endormie pour mieux se réveiller à l’occasion. Il y a de la bêtise, de l’ignorance, mais aussi, et c’est peut-être le pire, une volonté de trouver un bouc émissaire.

L’Europe, l’Occident de manière générale, se trouve aujourd’hui devant Poutine comme une chenille rampante et paralytique. Engourdie, observatrice hagarde, elle accepte de voir l’inflation exploser, de recevoir 5 millions de réfugiés, elle accepterait même de refiler l’Ukraine à Poutine si elle lui appartenait plutôt que de réagir. L’Europe est une momie flasque, ainsi que Poutine l’a toujours considérée, un grand vide aussi responsable que Poutine lui-même du chaos qui se trouve à ses portes. L’Europe n’a ni force ni courage, elle temble, sa population tremble (elle se jette déjà sur les pastilles d’iode !), un yorkshire tremblerait moins sur la table du vétérinaire. La seule évocation du nom « Poutine » suscite des défaillances chez les plus fragiles, combien de crises cardiaques quand il parle de « la bombe » ? La vérité, c’est que l’Europe, de ses chefs à l’agriculteur retraité de la Creuse, tremble devant Poutine. Elle n’ose rien faire, et il n’y a qu’à voir la pathétique marche arrière de Bruno Le Maire au sujet de l’emploi du terme « guerre économique » pour s’en rendre compte. Un tweet vaguement menaçant de Medvedev en réponse, et voici Bruno Le Maire qui nous sert un repentir en forme de bafouille. L’Europe tremble devant Poutine, Poutine le sait d’ailleurs et profite allégrement de la situation, alors, comme elle ne peut pas taper le gros bras de la cour d’école, elle tape sur les petits. Comme elle ne peut atteindre le chef, elle tape sur ceux qui ont un point commun avec lui. Ici, ce n’est pas la couleur, ce n’est pas la religion, c’est la nationalité. « Ah, t’es russe comme Poutine, alors tiens, prend ça, et ça encore, tu vas payer pour lui  ! », voilà à peu près ce qu’est capable de faire l’Europe en solidarité avec l’Ukraine. En d’autres termes, gangrenée par son syndrome d’infériorité, l’Europe a besoin d ese sentir forte en tapant sur le restaurant Samovar, sur Youlia prof de russe, sur le père Sergueï, prêtre orthodoxe. Elle se donne bonne conscience en agissant de la sorte, elle comble cette frustration de ne pas être capable de réagir face à Poutine. Au demeurant, les Ukrainiens, et leur président le premier, ne sont pas dupes. Ils n’en ont strictement rien à fiche de cette russophobie ridicule, ils n’en ont même rien à fiche de ces mesures économiques qui vont empêcher un étudiant moscovite de manger un burger à McDo et enlever 10 milliards à un oligarque quand il lui en restera 10. Si jamais ces mesures devaient avoir un effet réel, ce serait au mieux dans plusieurs semaines, probablement dans plusieurs mois, et en tous les cas, trop tard. Par un hasard curieux, cette lâcheté aura toutefois un mérite peut-être, celui d’ouvrir les yeux de l’Ukraine sur ce qu’elle peut attendre et espérer de l’Ouest, de cet Occident aux allures d’EHPAD qu’elle regardait probablement avec trop d’admiration. Le président Zelenski commence à le dire lui-même, si tout ce qu’il peut attendre de l’Ouest, de l’Ouest institutionnel j’entends, c’est du bla-bla de bureau et une tour Eiffel illuminée en jaune et bleu, alors à quoi bon l’OTAN, à quoi bon l’UE, à quoi bon s’encombrer de cette chose paralytique ? Moins que la force armée de Poutine qui patine dans la semoule et s’englue, c’est probablement la léthargie occidentale qui va éloigner tout naturellement l’Ukraine de l’Occident et dissoudre les raisons même du conflit. Peut-on s’en réjouir, lorsqu’on est Français, plus largement européen, que l’on a un peu de dignité et le sens des valeurs, assurément pas !

Alexandre Page, docteur en histoire de l’art, écrivain

jeudi 24 mars 2022

Pologne/Russie : 45 diplomates russes expulsés par Varsovie

Ce 23 mars 2022, le ministère de l'intérieur polonais annonce l'expulsion de 45 diplomates russes de Pologne.

Selon les services du contre-espionage, ces 45 personnes, se seraient servis de leur mission diplomatique comme couverture.

Cette décision intervient suite à une réunion avec, Stanisław Żaryn chef des services de sécurité intérieure, durant laquelle il a remi un rapport détaillé sur les activités des prétendus diplomates. 

Le ministre de l'intérieur polonais Mariusz Kamiński a déclaré sur son compte Twitter,"la Pologne a expulsé 45 espions russes se faisant passer pour des diplomates. Avec une cohérence et une détermination totales, nous démantelons les agents des services secrets russes dans notre pays".

Alors que pendant ce temps-là, le gouvernement français, peine à faire preuve de fermeté, vis à vis des entreprises françaises, qui continuent avec cynisme à collaborer avec le système Poutine. 

Florian Marek. 


Gazeta Prawna/PAP/Ministère de l'intérieur polonais/ministre Mariusz Kamiński.

 


mercredi 16 mars 2022

Europe/Pologne/Russie : La Pologne prochaine cible de Moscou ?

Un sondage d'opinion réalisé en Russie entre les 11 et 14 mars 2022, révèle qu'une majorité des sondés souhaite, que le Président Vladimir Poutine étende ses interventions à la Pologne. 

En effet, ils ont répondu à 75 %, que le prochain pays devrait être, la Pologne.

La question qu'il leur a été posée est la suivante : " Dans quel pays la Fédération de Russie devrait elle continuer l’opération militaire spéciale après la dénazification de l’Ukraine pour protéger ses intérêts légitimes ?"

Ce sondage, paru dans Active Group, nous rappelle les propos du Président polonais Lech Kaczyński menant la coalition pour la paix, à Tbilissi capitale de Géorgie en 2008, en plein conflit russo-géorgien.

"Aujourd'hui la Géorgie, demain l'Ukraine, après-demain les pays baltes, et puis peut-être qu'il sera temps pour mon pays, pour la Pologne" - avait déclaré alors le Président polonais. 

Florian Marek.


Active Group



lundi 14 mars 2022

Pologne/Europe : L' Europe a préféré fermer les yeux sur les avertissements polonais concernant la Russie-Jacek Saryusz-Wolski eurodéputé polonais

 Le député européen polonais Jacek Saryusz-Wolski, élu du PiS (parti au pouvoir en Pologne) lors d'un entretien avec la radio polonaise publique Radio Jedynka le 11 mars 2022 dresse un constat sévère sur l'Union européenne, la commission et l'Allemagne dans leur relation avec la Russie.

Concernant le gaz russe et le projet de gazoduc Nord Stream 2, le parlementaire rappelle que les Polonais s'étaient opposés à la création du dit gazoduc. 

"Nous disions clairement que la politique consistant à caresser la Russie dans le sens du poil et à mettre en place Nord Stream 2 allait conduire à la possibilité pour la Russie d'attaquer l'Ukraine. Ils refusaient d'écouter ce que nous disions."

Malgré la construction du gazoduc polonais Baltic Pipe, reliant la côte polonaise aux reserves gazières en mer de Norvège l'Europe, mais surtout l'Allemagne ont préféré un accord avec la Russie. 

Un accord passé, sans que cela ne soulève l'indignation des médias ouest européens.

A contrario, si la Pologne achète, passe le moindre contrat avec un état comme les États-Unis les mêmes médias traînent la Pologne dans la boue, et lui font un procès en hérésie anti européenne. 

Dans un second temps, l'eurodéputé rappelle que, l'Europe, a joué l'aveugle sur les multiples avertissements lancés par la Pologne, concernant les velléités russes sur l'Ukraine. 

"L'Europe a fermé les yeux sur nos avertissements concernant la Russie et une éventuelle guerre en Ukraine."

Il rappelle que l'Allemagne est la plus réticente à prendre des sanctions contre la Russie, l'exemple du SWIFT est le plus parlant.

"L'Allemagne, d'ailleurs, continue à prendre position pour la Russie en trainant des pieds sur les sanctions."

Ensuite il pointe le désintéressement de l'Union européenne concernant l'Ukraine. Il rapporte que l'Afrique reçoit bien plus que l'Ukraine en aides et subventions. 

"L'Union Européenne montre ses priorités. L'Afrique reçoit beaucoup plus d'aide actuellement que l'Ukraine."

En effet l'Union européenne a alloué en 2020, une enveloppe de 66,8 milliards d'aides au développement pour l'Afrique subsaharienne, quand l'Ukraine en plein conflit avec la Russie bénéficie elle d'une aide financière de 1,2 milliard d'euros.

Enfin, Jacek Saryusz-Wolski note que bien que la Pologne a eût raison sur les intentions russes, l'Union sanctionne encore la Pologne qui fournit un effort bien plus important que le couple franco-allemand face au conflit. Notant au passage que l'Europe prête à courroucer la Pologne, n'est pas si vindicative avec la Russie.

"La Pologne a prouvé à l'Europe qu'elle avait raison sur la Russie. Pour cela, l'Europe essaie maintenant de punir la Pologne, tandis que les sanctions contre la Russie sont incomplètes et l'aide à l'Ukraine insuffisante."

Il est nécessaire que le PiS parti gouvernementale polonais est l'un des rares partis conservateurs et souverainistes européens à ne pas être, pro Poutine. 

Ce qui n'est pas le cas de certains partis siégeant dans les groupes de gauche et au PPE, parti européen ou siège le parti Les Républicains. 

Florian Marek.

Radio Jedynka/Jacek Saryusz-Wolski/ Nathaniel Garstecka. 



samedi 12 mars 2022

Histoire : Operacja Polska (Opération Pologne), le génocide oublié [ Retranscription d'un article de Florian Marek pour Tysol France]

Operacja Polska (Opération Pologne), le génocide oublié : 


Contrairement à l'idée répandue, les politiques de discrimination raciales, religieuses et d'extermination ethniques ne sont pas l'apanage de régimes totalitaires dit de droite ou d'extrême droite. 

En effet la gauche n'est pas sans reste et notamment les communistes. 

Laissez moi vous entretenir de l'horreur de l'Operacja Polska (Opération Pologne) menée par le NKVD (ancêtre du KGB) en URSS. 

Operacja Polska, le génocide oublié.

Le 11 août 1937, l'ordre est donné : il faut anéantir les Polonais d'URSS. 

L'odre numéro : 00485 du Commissariat Populaire des Affaires Intérieures est signé par Staline et par le Commissaire Nikolaï Jezow, responsable de la Grande Terreur ou Grande Purge de 1937 à fin 1938. 

L'Operacja Polska est une des nombreuses actions contre les minorités visant à l'épuration de l'URSS. D'autres toucheront les Finnois, les Juifs, les Tatars, les Chinois et les Allemands. 

L'Operacja Polska a de particulier la haine anti-polonaise sans faille que porte en elle l'élite russe. Cette haine date de 1610 et la prise de Moscou par les Polonais aux temps des rois Waza. Polonophobie exacerbée par le retour de l'Indépendance polonaise et la victoire remportée par les Polonais sur les bolchéviques lors de la guerre polono-bolchévique de 1919-1921. 

Revenons en 1937.

Dès le 11 août sont établies des listes : un document du NKVD fait état de 139 835 polonais pris pour cible. 111 091 d'entre eux seront exécutés. 

Comme par exemple, à Mińsk et dans sa région ou les brutes sanguinaires du NKVD feront preuve du plus grand des sadisme. Torture, viols et feu à volonté seront les maitres mots de ces ordures. 

28 744 de ces Polonais listés seront déportés en Sibérie et vers les plaines hostiles du Kazakhstan. 

Sur la période, ont dénombre un total de 100 000 Polonais déportés. Beaucoup mourront en déportation.

A Kiev, nombre de Polonais cherchant à fuir la déportation seront exécutés par balles tirées dans le dos, démontrant ainsi l'absence de pitié et la lâcheté des sbires communistes.

A Berdyczów, 60% de la population polonaise de la ville sera arrêtée. 

A Léningrad et à Moscou, 470 membres des missions Catholiques polonaises seront exécutés et une dizaine d'églises incendiées et détruites. 

Parmi les victimes de cette horreur, on compte des prisonniers de guerre non restitués à la Pologne depuis 1921. 

Un certain Lavrenti Beria, s'illustrera lors de ce massacre de masse. Il fera à nouveau montre de son sadisme et de sa grande perversité en 1940 en supervisant le massacre de Katyń. 

D'après l'historien et dissident biélorusse, Nikolaï Iwanow, professeur à l'Université d'Opole (Pologne), et le sociologue polonais Tomasz Sommer il s'agit ici d'un des pires génocides perpétrés par des communistes. 

Selon l'historien de l'Université de Harvard, le professeur Terry Martin, pendant la Grande Terreur, un Polonais vivant en URSS avait 31 fois plus de chances d'être abattu que la moyenne des autres minorités au cours de cette période. Les Polonais pendant cette période n'ont été tués que parce qu'ils étaient Polonais. On estime que pas moins de 200 000 Polonais sont morts dans toutes les opérations de la Grande Purge. 

C'est dix fois plus que lors du massacre de Katyń. 

Récemment, le parlement polonais a adopté plusieurs résolutions visant à faire reconnaitre le caractère de génocide de l'Operacja Polska menée par le NKVD. Ce dernier a chaleureusement remercié les historiens russes de l'association du Mémorial Russe pour leur action de transmission, d'entretien de la mémoire et pour la reconnaissance du génocide.

La résolution datant de 2009 porte sur la reconnaissance des victimes polonaises de la Grande Terreur et celle datant de 2012 consacre le caractère génocidaire de l'Operacja Polska. 

L'Operacja Polska (Opération Pologne) est aujourd'hui internationalement reconnue comme un génocide.

Et pourtant, ni vos livres d'histoire, ni vos programmes d'histoire de l'Education Nationale ne vous en parleront. Pas même une demie page, un encart ou un nota bene en fin de chapitre. 

Florian Marek. 


vendredi 11 mars 2022

Russie : Pays du négationnisme d'état ( retranscription d'un article de Florian Marek pour Tysol France)

 Russie pays du négationnisme d'état


Ce 9 mai 2021, la Russie annonce une loi visant à interdire l'assimilation du rôle de l'URSS à celui de l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Comme le rapporte le Courrier International :

"Un nouveau projet de loi “visant à renforcer l’arsenal juridique contre la falsification de l’histoire” a été déposé à la Douma."[1] 

Dont acte, mais : 

Quid du pacte germano-soviétique signé par Molotov et von Ribbentrop ?

Quid de l'invasion conjointe avec les Allemands de la Pologne en septembre 1939 ?

Quid des déportations aux goulags de nombreux artistes et intellectuels polonais , comme Eugeniusz Bodo chansonnier dans la veine Bing Crosby et mort dans un goulag ?

Quid du massacre de Katyń ?

Quid de la libération des prisonniers du 2ème corps d'armée Polonais suite à des pressions anglaises ? 

Quid des milliers de femmes victimes de sévices sexuels et de viols par les soldats de l'Armée rouge ?

Quid des massacres de Koniuchy et de Naliboki?


Mais le pouvoir russe, aux mains de Vladimir Poutine ex-agent du KGB et petit-fils de Spiridon Poutine qui fût cuisinier personnel de Staline n'en est pas à son premier coup d'essai.

En effet, en 2016 le blogueur Vladimir Louzguine pour avoir rappelé que l'URSS avait conjointement avec l'Allemagne nazie envahi la Pologne, fût condamné en vertu des lois mémorielles russes pénalisant la "réhabilitation du nazisme". [2]

Un cache-sexe permettant de condamner toute analyse globale du rôle de l'URSS. Rappelons, que la Seconde Guerre mondiale a démarré avec l'invasion germano-soviétique de la Pologne. 

La condamnation de Vladimir Louzguine sera confirmée par la cour suprême de Russie au motif que :
 "Cette assertion constitue une négation publique des procès de Nuremberg et la mise en circulation de fausses informations sur les activités de l'Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale."

Une question se pose :

Ici qui, falsifie l'histoire et la mémoire ? 

Florian Marek.